top
  Utilisateur
 Mot de passe
   
Mot de passe oublié » Mot de passe oublié ? , cliquez ici
Créez votre compte »
 Connectez vous »
Créez votre compte »
Réseau LitteratureVisio
 

Le Printemps des poètes
Publié le 08-03-2010 par NETWORKVISIO
 

Du 8 au 15 mars à Lyon

 

 

Pour l’édition 2010 du Printemps des poètes, la Ville de Lyon et l’Espace Pandora entendent une fois de plus fêter la poésie, sous toutes ses formes et dans tous ses états, et célébrer les poètes d’ici et de là-bas… Comme les années précédentes, du café au théâtre, de la librairie à la bibliothèque, chaque arrondissement va s’ouvrir aux émotions les plus variées. S’ouvrir, oui, sur le monde et sur la rue. Ayant choisi d’inscrire son programme au tableau de l’édition nationale, Lyon a retenu, avec intuition et ardeur, ses thèmes de prédilection pour 2010 : l’hommage à la femme et aux femmes du monde ; la mise en avant déclarée de l’oeuvre et la personne d’Andrée Chedid ; les poésies étrangères...
Chacune et chacun sont donc conviés à venir rencontrer, voir et écouter, poètes des villes et des champs, slameurs, comédiens, chanteurs, musiciens, traducteurs, amateurs de mots, agitateurs de verbes, dans tous les lieux de Lyon grands ouverts pour l’occasion.

En savoir plus et demander le programme complet,
espacepandora@free.fr

Obtenez un accueil privilégié de la part de...
www.rhonealpespassions.com !

permalien : http://www.litteraturevisio.com/main_litteraturevisio/page.php?idd=101139&desc=actualites#3631
Rentrée littéraire (1/2) : James Ellroy, Nam Le et les autres
Publié le 11-01-2010 par chroniques
 

 

 

Nick Cave, "Mort de Bunny Munro" (DR)

Des révélations, du rock, des tabous qui explosent sont au programme de cette rentrée de janvier. 491 romans dont 167 traductions : James EllroyNick CaveAmos OzDouglas Coupland… Premier tour d'horizon avec la « rentrée étrangère », coups de cœur et gros coups.

 

1

Le podium

Pour commencer mon podium. Une big star et deux nouveaux venus. Mes TTGCC (« très très gros coups de cœur ») sont :

« Underworld USA » de James Ellroy (Rivages/Thriller)

Je vous en proposais les premières lignes en septembre dernier. Après « American Tabloïd » (1995) et « American Death Trip » (2001), ce dernier tome de 850 pages clôt la trilogie éponyme.

Des trois tomes, c'est le plus limpide. Le plus autobiographique aussi. Avec un personnage féminin magnifique (Joan Klein, la « juive rouge »), autour de qui tout tourne, y compris le narrateur masqué du livre. C'est sublime, et vous découvrirez sur Rue89 une interview d'Ellroy la semaine prochaine.

Underworld Usa de James Ellroy (DR)« Le bateau » de Nam Le (Albin Michel)

Vietnamien ayant surcévu aux boat-people, ayant vécu en Australie et aux Etats-Unis, Nam Le a cartonné dès ce premier livre. Sept longues nouvelles, qui ensemble appliquent cette maxime de Faulkner, citée dans la première nouvelle :

« Il faut écrire sur les vérités éternelles. L'amour, l'honneur, la pitié, l'orgueil, la compassion, le sacrifice. »

 

Sept récits se déroulant dans les taudis de Medellin, l'Iowa, Hiroshima, New York, Téhéran, un village de pêche en Australie, ou le sud de la Chine. Un livre qui devient un vrai territoire géographique. Interview de l'auteur plus tard en janvier.

« L'enfant poisson » de l'Argentine Lucia Puenzo (Stock)

Premier roman d'une auteur remarquée et cinéaste primée (à Cannes en 2007 avec « XXY »). C'est ici l'histoire d'un amour entre Lala, adolescente bourgeoise, et « la Guayi », jeune paraguayenne de 17 ans, servante de la famille. Par jalousie, Lala tue son père -qui troussait la servante- et c'est la fuite.

Lorsqu'on sait que le narrateur du livre est un chien, on devine que tout sera raconté crûment, avec un réalisme burlesque qui donne au livre son pouvoir onirique, réaliste et violent. Du lourd.

1

Les livres conseillés et autres coups de cœur

Philip Meyer, James A. Levine, Nick Cave… cinq livres que j'ai beaucoup aimés.

« Mort de Bunny Munro » de l'Australien Nick Cave (Flammarion)

Pas un disque, un roman, dont je vous parlais déjà en octobre. Quatorze ans après « Et l'âne vit l'ange », voici un roman qui va plus loin.

L'histoire d'un homme qui, après le suicide de sa femme, se laisse aller à toutes ses pulsions sexuelles. Entre la responsabilité de son fils et les rêves de « chattes de luxe », Munro est un personnage qui campe les obsessions et la déchéance de Nick Cave. On y revient très vite.

« Un arrière-goût de rouille » de l'Américain Philip Meyer (Denoël)

Premier roman hyper puissant pour les amateurs de lyrisme yankee. C'est ici un roman de classe, dans une Pennsylvanie dévastée par la crise sidérurgique. Amitié, paternité, virilité, deuil de ses rêves par manque d'argent, désolation, beauté littéraire.

Le bateau de Nam Le (DR)

« La voie de Bro » du Russe Sorokine (éd. de L'Olivier)

Un auteur que nous vous avons déjà présenté. Un nouveau roman toujours aussi marqué par une relecture non-réviso de l'Histoire russe et des mythologies. Sur un mode plus comique, on retrouve avec grand plaisir un Andreï Kourkov (remember « Le Pingouin », 2000) en forme. « Laitier de nuit » (Liana Levi) est une satire en 119 séquences.

« Le cahier bleu » de l'Américain James A. Levine (Buchet Chastel)

Ce premier roman est le journal intime d'une Indienne qui y raconte les conditions de son asservissement sexuel, elle qui fut « vendue » à un proxénète de Bombay à l'âge de 9 ans.

Journal qui contient un personnage imaginaire, compagnon d'infortune de notre héroïne. Réalisme, conte, tragédie : un livre dont on reparlera.

« Jpod » du Canadien Coupland (Au Diable Vauvert)

Coupland applique le même effet au monde d'aujourd'hui, que « Génération X » il y a 20 ans. « Jpod » porte sur nos sociétés complètement geek et sur le monde du travail qui fabrique la culture geek.

1

Autres auteurs attendus

« Level 46 » est un livre qu'Anthony Zuicker, scénariste des « Experts », a écrit durant la grève des scénaristes, en 2007, à Hollywood. Un roman policier mêlant édition, Web et vidéo.

On surveillera aussi :

  • L'Anglais Chris Cleave pour « Et les Hommes sont venus » (éd. Nil, sortie en février)
  • L'Australien Luke Davies (« Candy », 2006) qui revient avec la biographie romancée d'un personnage elloyen s'il en est : Howard Hughes. C'est « Toujours plus vite » (éd. Héloïse d'Ormeson, sortie en février)
  • L'Américain TC Boyle, toujours chez Grasset
  • Le grand auteur israélien Amos Oz, qui revient avec « Scènes de vie villageoise » (Gallimard). Huit nouvelles se déroulant dans la ville imaginaire de Tel-Ilan
  • Le Chilien Luis Sepulveda pour « L'Ombre de ce que nous avons été » (Métailié). L'histoire de trois sexagénaires qui ont fui la dictature de Pinochet en 1973, et qui veulent revenir au pays avec le « spécialiste » et tenter le tout pour le tout.

Photos : Nick Cave, « Mort de Bunny Munro » (DR) ; James Ellroy, « Underworld USA » (DR) ; Nam Le, « Le Bateau » (DR)

A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89

permalien : http://www.litteraturevisio.com/main_litteraturevisio/page.php?idd=101139&desc=actualites#3532
Des bleus à l'âme
Publié le 11-01-2010 par chroniques
 

  

Christian Authier 07/01/2010 
Nicolas Rey nous revient. En pleine forme.
Nicolas Rey nous revient. En pleine forme. Crédits photo : SIPA

«Un léger passage à vide» de Nicolas Rey - Avec son sixième roman, l'auteur de «Mémoire courte» signe une confession qui évite le déballage narcissique.

Des addictions et des manques, un mal-être chevillé au corps comme un chewing-gum à une semelle, le départ de la femme aimée : Nicolas Rey a traversé « un léger passage à vide », ainsi que l'annonce le titre de son nouveau roman. C'était l'époque où le whisky, qu'il buvait dès le réveil, lui apportait « de la lumière dans le corps » tandis qu'il consommait trois grammes de cocaïne par jour tout en engloutissant Xanax et Stilnox à la manière de bonbons. Évidemment, une cure de désintoxication s'est imposée et l'écrivain semble s'être débarrassé de ses dépendances alcoolo-chimiques.

 

Drôles et déchirantes

 

On sait qu'il ne suffit pas de raconter que l'on prend des rails de coke ou d'étaler le misérable tas de petits secrets de son existence pour faire de la littérature. Nicolas Rey déjoue subtilement le piège du déballage narcissique. Il fait mine de parler de lui pour mieux parler des autres. Et vice versa. Ainsi lorsqu'il évoque un roman d'Hanif Kureishi : « C'est une histoire triste, vous comprenez. Une histoire que peu de gens peuvent comprendre (…). On laisse une lettre ? Pour dire quoi ? Sans se parler depuis des mois, on s'est déjà tout dit. L'aube se pointe. Il faut partir. On respire par le ventre. » Dans son sillage, on s'émerveille de la reconquête de choses simples, autrefois naturelles, qui deviennent de sublimes victoires, à l'instar de cette anorexique insomniaque retrouvant le sommeil.

Découpé en brefs chapitres, Un léger passage à vide est une succession de scènes drôles ou doucement déchirantes, parfois les deux à la fois. L'écrivain signe de belles pages sur la paternité et l'enfance, épingle le ridicule des conventions et de la vie sociale au détour d'un salon du livre ou d'un dîner chez des fâcheux. On se quitte par webcam ou par SMS. Les machines ont pris le relais des corps épuisés et des âmes perdues. Nicolas Rey distille la tristesse lasse de ceux qui préfèrent en rire plutôt que d'adopter des poses d'égotiste romantique. Sagan a un petit-neveu, Blondin, un cousin. Faites passer la bonne nouvelle. 

«UN LÉGER PASSAGE À VIDE» De Nicolas Rey, Éd. Au Diable Vauvert, 182 p., 17 €.

 

 

permalien : http://www.litteraturevisio.com/main_litteraturevisio/page.php?idd=101139&desc=actualites#3522
Freud, une passion publique
Publié le 11-01-2010 par chroniques
 

 LE MONDE DES LIVRES | 07.01.10 

 

Depuis le 1er janvier 2010, les oeuvres de Freud entrent dans le domaine public, devenant, soixante-dix ans après sa mort, des "biens non susceptibles d'appropriation privée".

A ce jour, et alors qu'elles sont partiellement traduites en une soixantaine de langues, l'établissement d'une édition intégrale (vingt volumes environ), organisée de façon cohérente et dans l'ordre chronologique, n'a été effectuée que dans cinq langues : l'allemand, l'anglais, l'italien, l'espagnol et le japonais. Les correspondances ne sont pas encore disponibles dans leur totalité, mais régulièrement traduites. Après de longues batailles, elles commencent à être accessibles à la Library of Congress de Washington où ont été déposés les manuscrits de Freud. On évalue à 15 000 le nombre de lettres écrites par lui : 5 000 ont été perdues et plus de 3 000 ont été déjà publiées ou sont en cours de traduction dans plusieurs langues.

 

Deux éditions complètes de l'oeuvre ont été réalisées en allemand : l'une du vivant de Freud, l'autre après sa mort. Publiées à Londres entre 1940 et 1952, les Gesammelte Werke (GW) sont devenues l'édition de référence, complétée ensuite par un index et un volume de suppléments.

La destruction de la psychanalyse par les nazis, qui a eu pour conséquence l'émigration de la majorité des freudiens allemands, autrichiens et hongrois vers les Etats-Unis, a été un désastre pour l'évolution du mouvement psychanalytique, mais aussi pour la publication des oeuvres de Freud. En devenant américains, les psychanalystes européens, contraints à être médecins et à adopter l'idéal adaptatif de l'american way of life, se sont orientés exclusivement vers la clinique, délaissant la partie spéculative de la pensée du maître et les travaux érudits.

Jamais le mouvement psychanalytique allemand n'est parvenu, après 1945, à retrouver son ancienne splendeur : d'autant moins que les quelques freudiens non juifs, demeurés à Berlin, avaient collaboré avec le régime. Seul Alexander Mitscherlich (1908-1982) parvint à sauver l'honneur en créant à Francfort le prestigieuxInstitut Freud et en obligeant les nouvelles générations à réfléchir sur le passé. C'est sous son impulsion que furent mises en chantier lesStudienausgaben (ou textes choisis) destinées à un public un peu plus large que celui des GW. Mais comme Freud n'est plus considéré en Allemagne comme un penseur et que son oeuvre n'a guère été étudiée à l'université, elle n'est pas suffisamment lue pour qu'une nouvelle édition critique ait pu être entreprise chez Fischer Verlag, l'éditeur actuel de Freud.

Partout dans le monde, aujourd'hui, cette oeuvre est donc lue en anglais. Et ce d'autant plus que la plupart des psychanalystes contemporains, inféodés à l'idéologie utilitariste venue d'outre-Atlantique, s'intéressent moins à la genèse des textes du père fondateur qu'à l'exploration des circonvolutions cérébrales. Ils ont presque oublié que celui-ci était d'abord un juif viennois, savant et écrivain, contemporain de Theodor Herzl, ami de Stefan Zweig et de Thomas Mann, héritier de la tradition philosophique allemande : un penseur des lumières sombres.

En conséquence, depuis la seconde guerre mondiale, l'International Psychoanalytical Association (IPA), fondée par Freud en 1910, est une association corporatiste, même si les Latino-Américains, plus puissants que les Européens et les Nord-Américains, résistent à cette orientation, tout en étant parfaitement anglophones.

Et pourtant, c'est au psychanalyste anglais James Strachey (1887-1967) que l'on doit la plus belle traduction de l'oeuvre de Freud : la fameuse Standard Edition (SE), dont l'appareil critique est un chef-d'oeuvre. Proche de Virginia Woolf et du groupe de Bloomsbury, analysé par Freud à Vienne, Strachey a réussi à investir, par amour, l'oeuvre d'un autre, au point de la faire sienne toute sa vie. Certes, la Standard a des défauts - latinisation des concepts, effacement d'un certain style littéraire -, mais elle a le mérite d'avoir unifié les concepts en anglais et elle est la seule à témoigner de ce que peut être la passion d'un traducteur. Au fil des années, elle a été révisée et corrigée. Sa qualité, liée à la domination de la langue anglaise sur le mouvement psychanalytique, a donné lieu à quelques aberrations : ainsi les Obras completas publiées en portugais au Brésil, de 1970 à 1977, ont-elles été traduites de l'anglais. Il est probable qu'avec le passage au domaine public, une nouvelle traduction pourra enfin voir le jour dans l'un des pays où la psychanalyse est une culture nationale.

La situation de la France est unique au monde. Les premiers traducteurs - Samuel Jankélévitch, Yves Le Lay, Ignace MeyersonBlanche Reverchon-JouveMarie Bonaparte - ont été excellents. Mais ils n'ont pas eu le souci d'unifier la conceptualité : les uns étaient psychanalystes, les autres philosophes ou germanistes. De son côté, Edouard Pichon, grammairien, membre de l'Action française et cofondateur de la Société psychanalytique de Paris (SPP), en 1926, créa une commission pour l'unification du vocabulaire psychanalytique français dont l'objectif était de débarrasser la psychanalyse de son "caractère germanique" pour en faire l'expression d'un "génie français" : la civilisation contre la Kultur. Au sein de la SPP, affiliée à l'IPA, la princesse Bonaparte traduisait donc les textes de Freud avec talent sans proposer de travail théorique. Contre elle, Pichon pensait une conceptualité sans traduire le moindre texte.

Durant les années 1950, un nouveau clivage se produisit quand Jacques Lacan effectua sa refonte de la pensée freudienne. Il incita ses élèves à lire Freud en allemand, actualisant du même coup l'idée d'une unification de la conceptualité, dont on trouve la trace dans le célèbreVocabulaire de la psychanalyse (Presses universitaires de France, 1968), réalisé par Jean Laplanche et Jean-Bertrand Pontalis, sous la direction de Daniel Lagache, lequel mit en chantier aux PUF, à la même époque, un projet d'opus magnum qui ne se réalisa jamais, du fait des désaccords survenus entre les différents protagonistes.

yant quitté l'IPA en 1963, Lacan, installé aux éditions du Seuil, n'obtint jamais la permission de traduire certaines oeuvres de Freud : les droits étaient réservés à trois éditeurs - PUF, Gallimard, Payot - et aux psychanalystes membres de l'IPA, seuls habilités à y désigner une équipe. Installé chez Gallimard, Pontalis renonça, lui, à publier des oeuvres complètes, refusa tout projet de passage de Freud dans la collection "La Pléiade" et se contenta de faire traduire, retraduire ou réviser un grand nombre d'ouvrages dans la collection "Connaissance de l'inconscient". Malgré des préfaces insuffisantes, ces textes sont remarquablement traduits, notamment par Cornélius Heim et Fernand Cambon. Ils mériteraient d'être republiés, avec des commentaires et des notes adéquates, dans la collection de poche "Quarto", comme cela avait été prévu. Hélas, ce projet a été ajourné lui aussi.

Mise en chantier en 1988 par une équipe composée de Jean LaplanchePierre Cotet,André Bourguignon (1920-1996) et François Robert, l'édition des Œuvres complètes deSigmund Freud (OCSF) n'est pas encore achevée aux PUF, avec 15 volumes parus (sur 21) en édition courante et en poche (dans la collection "Quadrige"). En contradiction avec l'esprit du Vocabulaire de la psychanalyse, cette édition, fruit d'un travail d'équipe et non pas d'une rencontre entre un traducteur et une oeuvre, a été unanimement critiquée. Voulant se situer en symétrie inverse de Pichon, les artisans de cette entreprise ont prétendu faire retour à une sorte de germanité archaïque du texte freudien. Aussi se sont-ils donné le titre de"freudologues", convaincus que la langue freudienne n'était pas l'allemand mais le"freudien", c'est-à-dire un "idiome de l'allemand qui n'est pas l'allemand mais une langue inventée par Freud". Ainsi traduite en freudien, l'oeuvre de Freud n'est guère lisible en français : tournures incompréhensibles, néologismes, etc. Parmi les inventions, notons "souhait" ou "désirance" à la place de "désir" (wunsch), "animique" à la place d'"âme" (seele) ou de psyché, "fantaisie" au lieu de "fantasme" (fantasie). Face d'un côté à cette version pathologique de l'oeuvre freudienne, et, de l'autre, à l'immobilisme de Gallimard, on comprend que l'entrée dans le domaine public soit en France un événement : un moment de bonheur et de liberté.

Si les traductions françaises publiées aujourd'hui sont différentes les unes des autres, elles ont pour point commun un rejet de toute théorie "freudologique", un retour au classicisme, un refus des dérives interprétatives. Le nouveau Freud français est désormais l'oeuvre d'universitaires patentés. D'où un certain académisme : les traducteurs et commentateurs, normaliens, agrégés, professeurs de lettres, germanistes, philosophes ne se soucient guère des travaux des psychanalystes ou même des historiens du freudisme, et pas du tout des innovations issues du monde anglophone : retour à la langue de Freud, à l'allemand de Freud et à l'Europe continentale qui a vu naître la psychanalyse. Le nouveau Freud français n'est ni lacanien, ni freudien orthodoxe, ni scientiste, ni affilié à l'IPA, il est un auteur du patrimoine philologique franco-allemand, revu et corrigé à la lumière de la philosophie et de la littérature : un Freud de la République des professeurs, démédicalisé, dépsychologisé, dépsychanalysé, peu historisé. Cette perspective est très différente de celle adoptée par les Britanniques.

Puisque la Standard Edition révisée est une merveille, les responsables de la nouvelle édition anglaise ont pris un parti inverse de celui de la France. Chez Penguin, les traductions ne visent pas à corriger les erreurs du passé mais plutôt à donner une autre image de l'oeuvre en l'immergeant dans l'histoire de la culture politique, des études de genre ou des débats historiographiques. Aussi bien sont-elles désormais présentées par d'excellents auteurs anglophones ayant eux-mêmes produit des travaux critiques ou historiques : John Forrester,Jacqueline RoseMark EdmundsonLeo BersaniMalcolm Bowie. Adam Philips est le seul psychanalyste à faire partie de cette entreprise, mais il est aussi un essayiste iconoclaste peu apprécié de ses collègues praticiens.

Une chose est certaine en tout cas : dans le monde entier, l'édition des oeuvres de Freud est désormais l'affaire des écrivains, des universitaires et des historiens. Après des décennies de querelles ou de charabia, Freud est désormais regardé, hors du milieu psychanalytique - et à l'exception notable de l'Allemagne -, comme l'un des grands penseurs de son temps. Cela ne manquera pas de provoquer de nouvelles campagnes antifreudiennes semblables à celles orchestrées depuis vingt ans par les tenants d'un comportementalisme barbare. Car il en va de Freud comme de Darwin ou de Marx. Les déferlements de haine à leur égard semblent être la preuve que leur invention touche à une vérité universelle : quelque chose comme le propre de l'homme. L'être humain est en effet le produit d'une évolution biologique, d'une détermination psychique conflitctuelle et d'un environnement social conçu en termes de classes.

 
Elisabeth Roudinesco

 

 

permalien : http://www.litteraturevisio.com/main_litteraturevisio/page.php?idd=101139&desc=actualites#3521
"Il faut que Google nous respecte"
Publié le 22-12-2009 par chroniques
 

 

Par Laurent Martinet, publié le 18/12/2009

La réaction des éditions La Martinière au verdict du TGI de Paris qui condamne Google à 300 000 euros de dommages et intérêts pour contrefaçon.

Vous avez lancé en juin 2006 une procédure judiciaire contre Google en lui reprochant d'avoir numérisé plusieurs milliers d'oeuvres sans votre accord, et d'en avoir publié une partie sur Internet. Etes-vous satisfaite du verdict qui condamne le moteur de recherche?

Tessa Destais, conseillère d'Hervé de La Martinière: Oui, évidemment. On attendait ça depuis trois ans et demi que nous avons lancé ce combat, seuls, au départ. A l'époque on nous prenait pour des fous. C'était David contre Goliath.

Mais 300 000 euros, c'est peu, alors que vous demandiez 15 millions?

T.D.: C'est vrai, mais il faut aussi tenir compte des astreintes [10.000 euros par jour de retard après cette interdiction de la poursuite des agissements, NDLR]. Nous sommes en train d'éplucher les attendus du jugement. De toutes façons, c'est une victoire symbolique. C'est la première fois que Google est condamné. Les conséquences de ce qui vient d'arriver en France seront mondiales. Le verdict du procès aux Etats-Unis n'a lieu qu'en février prochain.

Est-ce une victoire de l'exception française?

T.D.: Non, parce qu'il ne s'agit plus d'une exception française, mais d'une exception culturelle qui intéresse tous les pays et tous les créateurs. Si le verdict avait été contraire, les conditions économiques et morales de la création artistique auraient été menacées.

Comptez-vous travailler avec Google à l'avenir?

T.D.: Nous ne sommes pas opposés à Google, mais il faut qu'il nous respecte. Nous sommes prêts à discuter de numérisation avec eux, mais il fallait que cette question du droit moral sur les oeuvres soit tranchée.

 

permalien : http://www.litteraturevisio.com/main_litteraturevisio/page.php?idd=101139&desc=actualites#3484
Le petit frère de Cosette
Publié le 25-11-2009 par chroniques
 

 

Astrid de Larminat
12/11/2009 |
Tout au long de sa vie, Jean-Louis Ézine a recherché son père.
Tout au long de sa vie, Jean-Louis Ézine a recherché son père.

Le brillant et facétieux critique littéraire Jean-Louis Ézine, qui sévit depuis vingt ans sur les ondes radiophoniques et dans les pages du Nouvel Observateur, tombe le masque. Le beau parleur, l'enjoliveur des matins gris sur France Culture publie un récit autobiographique sobrement intitulé Les Taiseux. C'est que dans sa famille, des domestiques normands très à cheval sur les convenances, on était passé maître dans l'art de se taire pour enfouir les secrets généalogiques.

Pour commencer, Jean-Louis Ézine ne s'appelle pas Ézine. Il porte ce nom depuis l'âge de trois ans, lorsque sa jeune fille de mère épousa monsieur Ézine, un homme aviné et violent, auquel le petit bâtard qu'il était n'adressera jamais, absolument jamais, la parole durant les dix-sept années qu'il passera sous son toit, une masure des faubourgs de Lisieux. Il ne cessera en revanche, sa vie durant, de rêver son père et d'enquêter sur lui. Sa mère n'en parlait jamais mais entretenait son souvenir en glissant des indices dans les poches de son fils : tantôt une photo ou une mèche de cheveux du temps d'avant, quand il ne portait pas encore le patronyme de son ennemi mais une barboteuse à smocks, tantôt une carte postale figurant un château à Houlgate - sans plus d'explications. Objets autour desquels les rêveries du jeune garçon galopaient, lui laissant imaginer une paternité prestigieuse qui le dédommageait des corvées quotidiennes.

 

Se réchauffer l'âme

 

L'auteur connut une enfance sordide mais ce n'est pas le propos de son livre. Il cherche bien plutôt à déceler comment elle l'a disposé très tôt à espérer que quelque chose se trame derrière les apparences, à les interpréter. Ainsi le petit Jean-Louis voyait-il dans les lumières de la basilique de Lisieux qui balayaient sa chambre pendant la nuit un geste d'amour de sainte Thérèse. Son imagination faisait feu de tout le petit bois du quotidien. Jusqu'à raconter au chaland l'origine du nom des salades - romaine, scarole, trévise - qu'il vendait sur les marchés avec sa mère ! De cette façon, il se réchauffait l'âme, se persuadant qu'un destin glorieux était en gestation sous ses oripeaux.

Jean-Louis Ézine sonde les courants souterrains qui ont dirigé son existence, cette course au père qui ne s'arrêtera jamais, même lorsqu'il l'aura trouvé, parce que l'habitude de chercher lui était devenue constitutive. Ce faisant, il remonte aux sources de son goût pour la littérature, cet art qu'embrassent ceux qui, dès l'âge tendre, ont eu besoin de se bercer de mots pour se consoler, d'inventer des histoires pour embellir la leur et tenter de lui trouver du sens.

«Les taiseux» de Jean-Louis Ezine, Gallimard, 225 p., 16,90 €.

permalien : http://www.litteraturevisio.com/main_litteraturevisio/page.php?idd=101139&desc=actualites#3310
L'honneur fait à Camus
Publié le 25-11-2009 par chroniques
 

  
 

Mohammed Aïssaoui
20/11/2009 |
Son allureà la Bogart, sa présence aux côtés de jolies actrices ou de grands intellectuels de son temps ne sont pas étrangères à sa grande popularité.
Son allureà la Bogart, sa présence aux côtés de jolies actrices ou de grands intellectuels de son temps ne sont pas étrangères à sa grande popularité. Crédits photo : AFP

«Pourvu qu'il ne refuse pas le Nobel», s'inquiétait Francine Camus, la femme d'Albert, à la veille de la consécration, en octobre 1957. L'anecdote nous est rapportée par Roger Grenier, éditeur chez Gallimard et grand ami de l'écrivain. Un autre honneur semble lui être promis depuis quelques jours. Jeudi soir, le président de la République a émis le vœu de voir l'auteur de L'Étranger rejoindre sur la Montagne Sainte-Geneviève la nécropole des grands hommes. Albert Camus au Panthéon ? L'écrivain a en effet le profil idéal : c'est un auteur universel ; un homme inclassable, figure admirable de l'histoire commune entre la France et l'Algérie ; et sa popularité ne cesse de croître depuis sa disparition accidentelle à l'âge de 47 ans. Son allure à la Bogart, sa présence aux côtés de jolies actrices ou de grands intellectuels de son temps n'y sont pas étrangères.

«Albert Camus est des écrivains français du XXe siècle celui dont l'audience est la plus universelle. La postérité lui a été plus favorable que le furent ses contemporains. Sa fortune est peut-être plus grande encore à l'étranger qu'en France», estime Jeanyves Guérin, qui a dirigé la rédaction d'un monumental Dictionnaire consacré à l'auteur de La Peste (voir Le Figaro Littéraire du 12 novembre). «Camus, l'universel» : l'image est plus que jamais vraie. George W. Bush l'a cité. Aucun ne prendrait le risque de le réfuter.

Et, si des dirigeants français s'opposent à l'initiative de Nicolas Sarkozy, ils le font en contestant la démarche, pas l'homme. À l'instar de Jean-Marie Le Pen qui a réagi vendredi, en affirmant que transférer au Panthéon les cendres d'un «écrivain pied-noir» (sic) représentait «un choix électoraliste» ; le président du Front national a tout de même ajouté : «Sur le principe, je suis assez d'accord, puisque c'est un écrivain de grande renommée.» François Bayrou ne dit pas autre chose : il évoque une manipulation des symboles, mais admire l'auteur des Justes. Il faut dire que Camus est insaisissable politiquement. Ses positions sur l'épuration, la peine de mort, le stalinisme, la décolonisation, dictées par un humanisme et une morale difficilement contestables, rassemblent aujourd'hui la plupart des suffrages. Par-delà l'esprit de système, il n'a cessé de plaider pour «ce goût de l'homme sans quoi le monde ne sera jamais qu'une immense solitude».

Il est également - pourquoi le taire - un trait d'union entre l'Algérie et la France. Né à Mondovi, élève du lycée d'Alger, il a consacré d'admirables pages à sa terre natale : Noces à Tipasa… Son attitude pendant la guerre d'Algérie, mesurée et généreuse, fait de lui une figure idéale de conciliation entre les deux pays.

Philosophe, auteur de théâtre, romancier, Albert Camus est depuis la parution de son premier roman en 1942, L'Étranger, un phénomène d'édition - tout son œuvre est publié par Gallimard. Traduit dans le monde entier, L'Étranger est étudié au collège comme à l'université. Ses détracteurs ont bien pu railler «le philosophe pour classes terminales», rien n'y fait. S'il existait un classement des meilleures ventes d'écrivains disparus, il figurerait chaque année en tête. Avec le cabinet GfK, Le Figaro avait établi un «top» des auteurs français décédés. Il arrivait en tête, avec une moyenne de 200 000 exemplaires vendus.

Toutes ces raisons font de lui un candidat idéal au Panthéon. Si cette démarche aboutissait, le village de Lourmarin (1 000 habitants) serait triste. Blaise Diagne, le maire, souligne que la décision appartient, avant tout, à la famille (voir encadré ci-dessous), mais il tient à rappeler l'attachement et le choix de Camus de s'installer dans ce village où l'écrivain retrouvait la lumière de son pays natal, l'Algérie. «Rien ne pourra enlever l'esprit de Camus de Lourmarin. Et puis notre club de football - La Jeunesse sportive lourmarinoise, le nom n'a pas changé depuis 1960 - peut s'enorgueillir d'avoir eu pour supporteur actif Albert Camus !» Quant à Roger Grenier, il aime à rappeler que sur la tombe provençale de son ami pousse toujours du romarin - une plante qui symbolise son profond enracinement méditerranéen.

Chaque président de la République veut marquer son passage par un geste fort culturellement. Jacques Chirac avait choisi André Malraux le gaulliste (en 1996) et Alexandre Dumas l'épique (en 2002). Nicolas Sarkozy veut voir en Camus, l'enfant de Belcourt et de Saint-Germain-des-Prés, un «symbole extraordinaire» pour aujourd'hui.

permalien : http://www.litteraturevisio.com/main_litteraturevisio/page.php?idd=101139&desc=actualites#3309
Le tour du monde en 80 poèmes d'Yvon Le Men
Publié le 20-11-2009 par chroniques
 

 

vendredi 20 novembre 2009
Yvon Le Men a tenu une chronique hebdomadaire dans ces colonnes. Il en a tiré un livre.

Yvon Le Men a tenu une chronique hebdomadaire dans ces colonnes. Il en a tiré un livre.
Photo : Jean-Michel Niester

 



Sa chronique hebdomadaire est devenue un bel ouvrage de 335 pages. Une anthologie de 80 poèmes choisis et commentés par Yvon Le Men, lui-même poète, bien connu dans l'Ouest où, sans cesse depuis vingt ans, il va à la rencontre des amoureux de la poésie. Que ce soit dans les écoles, les salles de spectacle, les quartiers ou encore au festival Étonnants Voyageurs de Saint-Malo dont il est l'un des programmateurs, et bien sûr, à Lannion, dans son Trégor natal où il invite des poètes du monde entier.



Un véritable projet d'humanité

Cette semaine, il était au siège de notre journal où nous avons pu apprécier, à la fois, son ouverture au monde, son amour de la langue française et son regard tendre, chaleureux, aiguisé et amusé sur l'actualité.



À l'écouter, à le lire, on se dit que nous avons vraiment « besoin de poèmes », titre d'un autre de ses livres. Comme si dans les mots, dans les vers troussés par les poètes d'ici et d'ailleurs, se dessinait un véritable projet d'humanité, au moins aussi important que celui porté par les politiques ou les sciences.



Le tour du monde en 80 poèmes

, tiré à 3 000 exemplaires par son éditeur, témoigne du renouveau de la poésie en France. Longtemps dédaignée, elle connaît un regain d'intérêt. Dans les maisons de la poésie, médiathèques, théâtres et même dans des cafés, des spectateurs, souvent jeunes, se pressent pour venir l'écouter.

« Elle ouvre notre esprit vers d'autres pensées »,

se réjouit un lecteur qui nous disait attendre la parution des poèmes du samedi dans un livre. Voilà qui est fait. Bonne lecture. Bon voyage.


permalien : http://www.litteraturevisio.com/main_litteraturevisio/page.php?idd=101139&desc=actualites#3254
Un «Goncourt des animaux» très animé
Publié le 20-11-2009 par chroniques
 

 

Mohammed Aïssaoui
18/11/2009 | 

 

 

C'était mardi, au restaurant Drouant, à Paris, dans le salon Goncourt. Le jury du prix littéraire 30 Millions d'amis, surnommé le «Goncourt des animaux», y décernait sa 27e palme. Un aréopage (presque) aussi prestigieux que le vrai : on y trouve Didier Decoin et Robert Sabatier, également jurés de l'académie Goncourt ; un lauréat, Didier Van Cauwelaert ; un membre de l'Académie française, Frédéric Vitoux ; et d'autres personnalités… Ce prix distingue un roman ou un essai où l'animal est à l'honneur. Françoise Xenakis s'est déplacée avec son chien Atchoum, «un jack russell», précise-t-elle. Atchoum figurera sur la photo de groupe. «Les débats furent animés, très disputés. Beaucoup plus qu'il y a quinze jours», affirme Didier Decoin. «Ras-le-bol des livres qui font parler les bêtes. Seule la qualité littéraire doit primer», a-t-on entendu pendant les délibérations. «C'était un final entre chien, chat et cheval. C'est fou le nombre d'ouvrages publiés avec le point de vue animal», fait remarquer Van Cauwelaert. Le roman Va chercher n'a eu aucune voix. Le Journal de M. Chatastrophe, non plus. C'est Monsieur le chat, de Marc Alyn, qui l'a emporté face à L'Enfant Cheval, de Rupert Isaacson. D'un poil. Aux dires de Decoin, le vainqueur «possède une écriture féline, soyeuse». Il touchera un chèque de 1 000 €, cent fois plus que le montant de «l'autre» Goncourt, doté de 10 € seulement…

permalien : http://www.litteraturevisio.com/main_litteraturevisio/page.php?idd=101139&desc=actualites#3251
Le prix Interallié à Yannick Haenel
Publié le 20-11-2009 par chroniques
 

 

AFP
18/11/2009 | 

Le prix Interallié, qui clôt la saison des prix littéraires, a été attribué à Yannick Haenel pour "Jan Karski" (Gallimard), a annoncé le jury. Le romancier a été récompensé au 4è tour par 6 voix contre 5 à Bernard Chapuis pour "Le rêve entouré d'eau".

D'abord professeur de français, Yannick Haenel, 42 ans, co-anime la revue de recherche littéraire "Ligne de risque". Il est notamment l'auteur d'"Introduction à la mort française" (2001) et de "Evoluer parmi les avalanches" (2003). "Cercle", son précédent roman a obtenu en 2007 le prix Décembre et le prix Roger Nimier. Le narrateur, double de l'auteur, décidait un matin de ne pas se rendre à son travail et de dire "non" à une vie rétrécie.

Dans "Jan Karski", il évoque une figure de la résistance polonaise au nazisme, avec un récit qui tient à la fois du documentaire et de la fiction. Héros tragique et méconnu hors de Pologne, Karski tenta sans succès d'alerter l'Occident sur l'extermination des Juifs de l'est de l'Europe.

Salué pour ses qualités formelles, le livre a suscité le débat sur les conditions dans lesquelles un auteur peut mêler fiction et réalité. Le livre avait d'ailleurs été retenu en septembre par le jury du Prix Médicis dans la catégorie "Essais.

Cette année la saison littéraire à été marquée par une vive polémique entre le député UMP Eric Raoult et la lauréate du prix Goncourt 2009 Marie NDiaye. Le député avait suggéré un "devoir de réserve" après des déclarations de Marie NDiaye contre la "France monstrueuse" de Nicolas Sarkozy.

 

permalien : http://www.litteraturevisio.com/main_litteraturevisio/page.php?idd=101139&desc=actualites#3250
«Montauban au temps des papes»
Publié le 22-10-2009 par chroniques
 

 

 

L'auteur de ces quelque deux cent cinquante pages n'est autre qu'Emmanuel Moureau, conservateur des antiquités et objets d'art de Tarn-et-Garonne et secrétaire général de la société archéologique et historique de Tarn-et-Garonne. L'ouvrage traite de la vie à Montauban entre 1317 et 1378… au temps des papes d'Avignon. L'approche littéraire et historique de ce travail se nourrit de précédentes études réalisées par l'historien durant son brillant cursus universitaire (DEA et thèse doctorante).

Après une préface signée Jean-Claude Fau, l'auteur nous fait plonger dans une ville qui a été fondée juste deux siècles auparavant (en 1 144). Cette vie quotidienne sur les bords du Tarn détaillée sur presque un siècle entier se déroule à l'époque où la papauté avait quitté Rome pour s'installer en Avignon. L'on découvre ainsi qu'au quatorzième siècle la vie religieuse était dense, foisonnante. Mais n'était pas la seule d'importance dans une cité de riches négociants qui par exemple furent divisés lors de l'occupation anglaise en 1861.Car les relations commerciales avec l'Aquitaine anglaise et le port de Bordeaux furent interrompues durant cette guerre. Au fil des chapitres on découvre des personnages marquants comme l'abbesse des clarisses : Marie de Penne, le gouverneur tyrannique et cruel Ratier de Belfort qui onze années durant fit régner la terreur dans la ville au nom du roi de France. Ce travail de médiéviste est présenté de façon pédagogique et nourri d'un style des plus agréables qui soit. Permettant au lecteur de remonter agréablement dans le temps.

 

permalien : http://www.litteraturevisio.com/main_litteraturevisio/page.php?idd=101139&desc=actualites#2906
Nouvelles pensées échevelées de Stanislaw Jerzy Lec
Publié le 12-10-2009 par chroniques
 

 

Les citations

«Hésiter, c'est déjà prendre une décision.»
[ Stanislaw Jerzy Lec ] - Extrait de Nouvelles pensées échevelées 

 «En histoire, même les faits non accomplis comptent.»
[ Stanislaw Jerzy Lec ] - Extrait de Nouvelles pensées échevelées 

 «Nos jours sont comptés : par des statisticiens.»
[ Stanislaw Jerzy Lec ] - Extrait de Nouvelles pensées échevelées 

 «L'argent n'a pas d'odeur, mais il est volatil.»
[ Stanislaw Jerzy Lec ] - Extrait de Nouvelles pensées échevelées 

 «Parfois, ce n'est qu'en quittant la scène qu'on peut savoir quel rôle on a joué.»
[ Stanislaw Jerzy Lec ] - Extrait de Nouvelles pensées échevelées 

 «Il est parfois plus facile de donner un prix que de donner raison.»
[ Stanislaw Jerzy Lec ] - Extrait de Nouvelles pensées échevelées 
 

«L'histoire enseigne comment il faut la falsifier.»
[ Stanislaw Jerzy Lec ] - Extrait de Nouvelles pensées échevelées 
 

«Les mensonges ont la vie dure : une fois démasqués, ils croient qu'ils sont devenus vérités.»
[ Stanislaw Jerzy Lec ] - Extrait de Nouvelles pensées échevelées 

 «L'histoire : une collection de faits qui n'étaient pas obligés de se produire.»
[ Stanislaw Jerzy Lec ] - Extrait de Nouvelles pensées échevelées 

 «Si je suis croyant ? Dieu seul le sait.»
[ Stanislaw Jerzy Lec ] - Extrait de Nouvelles pensées échevelées 

 «Certains n'ont jamais le moindre espoir, d'autres le perdent éternellement.»
[ Stanislaw Jerzy Lec ] - Extrait de Nouvelles pensées échevelées 

 «Idée : l'avoir !»
[ Stanislaw Jerzy Lec ] - Extrait de Nouvelles pensées échevelées 

 «Pour être soi-même, il faut être quelqu'un.»
[ Stanislaw Jerzy Lec ] - Extrait de Nouvelles pensées échevelées 

 «Politiciens, demandez conseil aux gastro-entérologues : que peut-on encore faire avaler aux citoyens ?»
[ Stanislaw Jerzy Lec ] - Extrait de Nouvelles pensées échevelées 

 «Difficile de dire qui suit le courant de son plein gré.»
[ Stanislaw Jerzy Lec ] - Extrait de Nouvelles pensées échevelées 

 «Ce n'est pas le gouffre qui sépare, mais la différence de niveau.»
[ Stanislaw Jerzy Lec ] - Extrait de Nouvelles pensées échevelées 

 «Soyez autodidactes, n'attendez pas que la vie vous donne des leçons.»
[ Stanislaw Jerzy Lec ] - Extrait de Nouvelles pensées échevelées 

 «Il faut avoir beaucoup de patience pour apprendre à être patient.»
[ Stanislaw Jerzy Lec ] - Extrait de Nouvelles pensées échevelées 
 

«A-t-on le droit de se considérer comme l'auteur de pensées qu'on n'a pas souhaitées ?»
[ Stanislaw Jerzy Lec ] - Extrait de Nouvelles pensées échevelées 

 «Le foin n'a pas la même odeur pour les chevaux et pour les amoureux.»
[ Stanislaw Jerzy Lec ] - Extrait de Nouvelles pensées échevelées
 

permalien : http://www.litteraturevisio.com/main_litteraturevisio/page.php?idd=101139&desc=actualites#2695
Raffarin, référendum : Joncour à la recherche du non perdu
Publié le 06-10-2009 par chroniques
 

Par Hubert Artus | Rue89 | 06/10/2009 | 12H08
« The yes needs the no to win, against the no. » Vous vous rappelez ? 2005. Par l'auteur de « Les jeunes sont destinés à devenir des adultes », de « L'avenir est une suite de quotidiens », de « Les veuves vivent plus longtemps que leurs conjoints », du « Citoyen est un piéton de la République », et du tube « Notre route est droite, mais la pente est forte ».
Un penseur en charentaises pour qui la chanteuse « Positive Attitude » Lorie était une philosophe. Un auteur qui travaillait non pas à TéléZ, mais à Matignon. Ce type, qui avait l'intelligence de la main (autre grand album), mena une campagne pour le oui, et prit une grande part dans la victoire du non. Tout en clamant : « Mon oui est plus qu'un non au non » (sic). Bref, une maïeutique de ouf.
« The yes needs the no to win, against the no » est l'unique raffarinade directement énoncée par l'auteur en anglais, la langue du rock. C'est dire le trésor. (Voir la vidéo)


 

 
 
Ce trésor, c'est une des choses dont s'est saisies Serge Joncour dans son roman « L'homme qui ne savait pas dire non ». Qui n'a rien à voir avec l'ancien travailleur de la main de Chirac, mais tout à voir avec la maïeutique de l'époque. (Voir la vidéo)


 

 
L'auteur
Serge Joncour, c'est un peu l'enfant que Georges Pérec et Buster Keaton n'ont pas eu ensemble. Il a pratiqué en haut nouveau la philosophie aussi bien que la natation, et circule à vélo. Il publie depuis onze ans (« Vu » en 1998). Lauréat du Prix France Télévisions en 2003 pour « UV » (adapté au cinéma en 2007), il est aussi un des duettistes des « Papous dans la tête » sur France Culture.
Il a récemment écrit le scénario du film « Elle s'appelait Sarah », d'après le roman éponyme de Tatiana de Rosnay, avec Kristin Scott Thomas (sortie prévue dans un an).
Serge Joncour est un romancier qui fait dans la comédie grave. Qui a toujours su parfaitement dessiner son temps. « Avant, les artistes étaient des gens qui gagnaient à être connus, alors qu'aujourd'hui ils cherchent simplement à l'être… » écrivait-il dans « L'idole ». Il faut lire Joncour.
Le roman
« L'homme qui ne savait pas dire non », paru en cette rentrée, est un roman sur nos sociétés du renoncement, un livre porté par un regard social, une comédie d'époque, une réflexion sur les hommes et le langage.
L'histoire de Beaujour, un personnage symptomatique de notre époque consensuelle : il n'a plus le pouvoir de dire non. Entre divorce, asservissement et déni d'identité, il a désappris le non. Sa vie « est un slalom un peu complexe ».
Il travaille dans un institut de sondages. Mais, ne pouvant énoncer l'item « non », les réponses sont toutes positives… Ainsi, grâce à lui, « 95% des Français sont pour le travail le dimanche, c'est inespéré ». Et Beaujour tombe raide d'une collègue. Et va, pour les joies de la séduction, apprendre à entendre le non. Donc, aussi, le dire.
Le propos
Une love story d'apparence cousue de fil blanc, mais à laquelle Joncour joint un regard social très juste : chantage à la délocalisation, révoltes vaines contre le libéralisme triomphant. Révélant une mise en perspective totalement absurde et parfaitement logique de la victoire du politiquement correct sur la révolte.
Par une narration en deux temps, Joncour montre cette France des années 60 où le oui ouvrait le progrès (les villes, le Concorde, la télévision), et notre société du renoncement où l'affirmative n'est que le côté obscur du déni.
Avant, le oui ouvrait un monde. Aujourd'hui, il cloître notre identité. S'appuie sur le non pour l'éteindre. Le slogan de Raffarin symbolisant l'absence de portée philosophique du non.
La perspective littéraire
Puis, Serge Joncour, dans une démarche qui n'est pas sans rappeler celle de véronique Ovaldé, nous parle de l'enfant intérieur, qu'il retrouve pour se relaxer. Beaujour, entre ateliers d'écriture, thérapie et volonté de séduire, va relier avec cet enfant.
Ce roman, qui est au départ une comédie cocasse, prend sous nos yeux, progressivement toute sa puissance et sa saveur. « L'homme qui ne savait pas dire non » rappelle que le non n'est pas un renoncement, mais une volonté qui, comme tous nos adieux, ouvre d'autre mondes. Que le langage est fait d'ondes positives et d'ondes négatives.
C'est l'histoire d'un homme qui, sous nos yeux, se réapproprie le langage. Retrouve donc son identité. C'est, in fine, le livre d« un romancier qui reprend le pouvoir sur son imaginaire. (Voir la vidéo)


 

 
L'actualité
Comédie, regard social, puissante fiction métaphorique sur le langage, c'est donc le genre de roman qui réaffirme la place de la littérature en période de crise. Ce ne peut être un hasard si Joncour, qui a des expériences dans la militance, la franc-maçonnerie, le sport, le cinéma et la littérature, voit son roman paraître alors que l'Irlande, sous pression politically correcte, se voit réinfliger un référendum pour “ casser ” le non vainqueur en 2008.
Un non qui, par magie des verbes, devient oui en 2009. Dix-huit mois après l'obligation de fumer dehors, c'est un livre qui acte juste.
Alors, oui, avec des surgissements comme le foot, la politique, la photographie, la nature, la fiction est bel et bien la validation du réel. (Voir la vidéo)


 

 
L'homme qui ne savait pas dire non de Serge Joncour (Flammarion, 298 pp., 19 €)
► Voir la version intégrale de l'interview (15mn45), où Serge Joncour parle de son personnage, du oui et du non, du langage pour construire l'individu, des générations précédentes, de la cigarette et du vélo comme résistance.

 

permalien : http://www.litteraturevisio.com/main_litteraturevisio/page.php?idd=101139&desc=actualites#2618
Un extrait de «Combien de fois je t'aime» de Serge Joncour
Publié le 10-09-2009 par chroniques
 


La rencontre s'est faite par Internet, du moins c'est ce qu'on croyait, qu'il s'agissait d'une rencontre, alors qu'en fait on se contentait de s'écrire, on se rapprochait par petites touches prudentes, chacun bien à l'abri derrière son écran, comme protégés, jusqu'à s'envoyer des mails de plus en plus confidents, de plus en plus urgents, jusqu'à chercher le visage de l'autre là-bas derrière ses mots.

De là on s'est mis à se livrer vraiment, à tout se dire sur le mode de l'Envoyer/Répondre, en un clic on s'expédiait tout, on n'avait même plus la patience d'attendre, l'unité de temps c'était la seconde. La petite joie que c'était d'allumer chaque fois l'ordinateur, pour aller voir si le nouveau message serait là, et à chaque coup il y était. L'amour, pour le moins, c'est d'être deux au rendez-vous. Dans des phrases courtes on s'est tout dit, sans vraiment savoir à qui on parlait, sans trop savoir on s'épanchait, on troquait nos espoirs en se livrant comme des fous, on ne craignait même pas de se donner à une ombre. Pourtant au départ c'était des mails tout ce qu'il y a de professionnels, sans autre politesse que les formules d'usage, seulement voilà au fil des jours on a glissé du bien à vous à amicalement, et d'amicalement à je vous embrasse. Mine de rien on est passé de courriers techniques à des questions plus larges, sur le temps, l'état de forme, des allusions à la vie privée, sans trop en dire, sans rien dévoiler vraiment, nos mots devenaient de plus en plus personnels, de plus en plus confidents, pour ne pas dire assez intimes ces derniers jours. On avait quoi comme image de l'autre? Une photo qu'on s'était échangée, moi de mon côté je lui ai passé les deux meilleures que j'avais de moi, on en a tous de ces clichés, des photos où la lumière nous sert miraculeusement. Les photos c'est arrangeant, elles isolent des moments du corps, elles ne disent rien de définitif, il y en a même qui arrivent à mentir, certaines sur lesquelles on se trouve beau, alors comment est-elle vraiment, je veux dire pour de vrai? et en même temps pourquoi est-ce si important?

Entre nous ça allait vite, on ne se trouvait que des points communs, la messagerie instantanée c'est le catalyseur de temps, l'accélérateur de particules, les corps se façonnent sur la base d'indices minces, avec ce qu'on a de fantasmes et d'imagination, sans se soucier vraiment de la réalité, après tout les sentiments relèvent de l'immatériel, l'électronique leur va très bien, on pourrait dire que c'est fait pour ça. À force de solitude on est devenu proches pour de bon, on se sentait là, tant qu'à faire je me voyais tomber amoureux d'elle, sans autre contact que des mots, c'était beau, on ne parlait pas de se voir, la liaison existait en dehors des vraies présences, notre histoire prenait de l'avance sur nous. Un jour tout de même il a bien fallu régler ce détail, se voir pour voir. On s'était dit que le moment était peut-être venu de prendre un verre dans un endroit neutre, rassurant si possible, avec du monde mais pas trop, histoire de ne pas se sentir perdu dans cette innovation absolue, celle qui consiste à se rencontrer mais pas avant de s'aimer......

permalien : http://www.litteraturevisio.com/main_litteraturevisio/page.php?idd=101139&desc=actualites#2319
Place aux Nouvelles 2009
Publié le 10-09-2009 par chroniques
 
 
Place aux Nouvelles Lauzerte

Le dessin de cette affiche a été réalisé par un élève de 5ème du collège de Lauzerte. En effet nous avons demandé à cette classe de cinquième de nous proposer des projets pour l'affiche de Place aux nouvelles 2009. Une trentaine de dessins de grande qualité ont été présentés et exposés à la Médiathèque de Lauzerte. Les visiteurs ont été appelé à voter pour l'affiche qui leur semblait la plus réussie.

L'affiche retenue est celle qui a obtenu le plus grand nombre de suffrages.

Un grand merci à cette classe de 5ème pour ce très beau travail !

Place aux Nouvelles, manifestation littéraire consacrée à la nouvelle, organisée par la librairie le Scribe (Montauban) en association avec la Médiathèque Intercommunale Pierre Sourbié à Lauzerte, se déroule en plusieurs temps :

- cinq rencontres, d'avril à début septembre, au Scribe et à Lauzerte avec les cinq écrivains dont le recueil de nouvelles a été sélectionné pour le Prix de la Nouvelle du Scribe - Lauzerte 2009

- un festival littéraire, le dimanche 13 septembre 2009, rassemblant sur la place des Cornières de Lauzerte - qui ce jour-là fera Place aux Nouvelles - environ 25 écrivains qui dédicaceront leurs ouvrages,   liront leurs nouvelles à la médiathèque, participeront à des débats au café du commerce, animeront des ateliers d'écriture...

Un jury de lecteurs se réunira le dimanche 13 septembre pour décerner le Prix de la Nouvelle du Scribe - Lauzerte 2009 à l'un des cinq recueils sélectionnés.

Pour être membre du jury qui élira le Prix de la Nouvelle du Scribe - Lauzerte 2009 il suffit de :

  • se présenter à la réunion du jury qui aura lieu le dimanche 13 septembre à 16 h dans un lieu qui sera fixé ultérieurement.
  • avoir lu les cinq recueils sélectionnés ...

Prix de la Nouvelle du Scribe - Lauzerte 2009
recueils sélectionnés / dates des rencontres

Maison buissonnière (édit. delphine montalant)
d'Isabelle Minière qui sera :

- mardi 21 avril - 20h30 - à Lauzerte (café du commerce)
- mercredi 22 avril - 19h -   au Scribe

Saga italienne (coll. exquis d'écrivains. NIL éditions)
d'Alain Absire qui sera :

- lundi 18 mai - 19h - au Scribe
- mardi 19 mai - 20h30 - à Lauzerte (café du commerce)

Tu vas me manquer (Denoël)
de Danièle Pétrès qui sera :

- jeudi 4 juin - 20h30 - à Lauzerte (café du commerce)
- vendredi 5 juin - 19h - au Scribe

Combien de fois je t'aime (Flammarion / J'ai lu)
de Serge Joncour qui sera :

- mardi 7 juillet - 20h30 - à Lauzerte (café du commerce)
- mercredi 8 juillet - 19h - au Scribe

Toute la nuit devant nous (Zulma)
de Marcus Malte qui sera :

- jeudi 3 septembre - 19h - au Scribe
- vendredi 4 septembre - 20h30 - à Lauzerte (café du commerce)

Recueils Primés

Prix de la Nouvelle du Scribe 2004 :
Un soir à la maison (Julliard)
d' Annie Saumont

Prix de la Nouvelle du Scribe 2005 :
Tu n'as rien compris à Hassan II (Julliard)
de Fouad Laroui

Prix de la Nouvelle du Scribe - Lauzerte 2006 :
Court, noir, sans sucre (L'être minuscule)
d' Emmanuelle Urien

Prix de la Nouvelle du Scribe - Lauzerte 2007 :
La Diablada (Anne Carrière)
de Georges Flipo

Prix de la Nouvelle du Scribe - Lauzerte 2008 :
Les hommes aussi ont besoin d'amour (L'Arpenteur)
d' Yves Lériadec .

n.b. C'est à partir de 2006 que les rencontres avec les nouvellistes ont eu aussi lieu à Lauzerte et qu'un festival littéraire a été organisé, un dimanche de septembre, place des Cornières à Lauzerte.

Auteurs Invités le dimanche 13 septembre 2009

permalien : http://www.litteraturevisio.com/main_litteraturevisio/page.php?idd=101139&desc=actualites#2316
Extrait de " Yéléna, celle qui n'était pas " nouvelle de Ivo Andric
Publié le 15-08-2009 par chroniques
 

".....A force d'observer et de me remémorer, au fil des jours et des années, son imminente arrivée sous toutes ses formes, j'ai fini par trouver une sorte d'étrange régularité, comme un ordre inattendu. Avant tout, l'hallucination a un certain rapport avec la course du soleil (si je dis " hallucination", c'est pour vous qui m'écoutez, car pour moi, il serait plaisant que je nomme "hallucination", mot qui ne veut d'ailleurs rien dire, la réalité de ma vie). Oui, elle apparaît presque exclusivement dans une période de temps qui s'étend de fin avril à début novembre. Pendant l'hiver, c'est très rare et toujours fonction du soleil et de la lumière : plus le soleil est fort, plus ses apparitions deviennent fréquentes et précises. En mai, elle vient peu et irrégulièrement. En juillet, en août, presque tous les jours. Et en octobre, par ces belles après-midi de soleil liquide, que l'on boit à longs traits, comme dévoré de soif, elle ne me quitte pour ainsi dire pas, elle reste à mes côtés sur la terrasse inondée de soleil et d'ombre. A l'intérieur, je la sens à un bruissement à peine audible de pages feuilletées, ou à l'imperceptible craquement du parquet. Et des heures et des heures, je vis dans la conscience d'une présence bien supérieure à tout ce que peuvent révéler les yeux, oreilles ou autres misérables sens.........."

permalien : http://www.litteraturevisio.com/main_litteraturevisio/page.php?idd=101139&desc=actualites#2130
Ivo Andric un prix Nobel méconnu
Publié le 15-08-2009 par chroniques
 

" Ivo Andrick aura été probablement l'un de ces auteurs slaves dont le vrai visage demeura longtemps inconnu en Occident et qui furent révélés avec un retard aussi significatif que considérable. Même le prix Nobel de littérature ( qu'il a reçut en 1961) n'aura pas eu l'effet escompté : dans bon nombre de pays, en France d'abord, son oeuvre reste à découvrir......

Le Comité du prix Nobel a fait valoir chez ce narrateur-né "la force épique avec laquelle il a su retracer les thèmes de l'histoire de son pays", alors qu'Anders Osterling, secrétaire de l'Académie suédoise, soulignait la façon dont cette oeuvre allie "un fatalisme venu des mille et une nuits à une pénétration pschologique moderne...En tant qu'écrivain, il possède un réseau de thèmes originaux qui n'appartiennent qu'à lui : il ouvre pour ainsi dire la chronique du monde à une page inconnue, et des profondeurs de l'âme de Slaves balkanique, il sollicite notre sensibilité ".

Dans son discours, prononcé à l'occasion de l'attribution du prix Nobel, Andric lui-même indiquait comme modèle narratif suprème celui qui " s'applique à l'instar de la légendaire et disserte Schéhérazade à faire patienter le bourreau, à suspendre l'inévitable arrêt de la mort et à prologer l'illusion de le vie et de la durée" Et de conclure "Il faut laisser l'écrivain raconter".

 

Pedrag Matvejevic La sagesse d'Ivo Andric

permalien : http://www.litteraturevisio.com/main_litteraturevisio/page.php?idd=101139&desc=actualites#2129
Ils ont écrit sur la Lune
Publié le 18-07-2009 par chroniques
 

Bruno Corty, Françoise Dargent, Thierry Clermont

Crédits photo : ASSOCIATED PRESS

La conquête de la Lune a marqué les années 1960. Il y a quarante ans, Neil Armstrong marchait sur la Lune. Cet exploit fut l'aboutissement d'une compétition à la fois technique et idéologique. Pour les Américains, il s'agissait de montrer leur supériorité scientifique, et de damer le pion aux Soviétiques dans le contexte géopolitique de la guerre froide. Pour célébrer l'événement, le magazine Life avait demandé à l'écrivain Norman Mailer de rendre compte de la mission d'Apollo 11. Son texte, Bivouac sur la Lune, est réédité en poche quarante ans après. Par ailleurs, une anthologie rassemble romans et poèmes célébrant la Lune. D'Alexandre Dumas à Edgar Poe, en passant par Jules Verne et Pierre Boulle, Lamartine et Pierre Louÿs, écrivains et poètes ont imaginé mille façons de fouler le sol lunaire avant qu'un homme y parvienne enfin. Une autre réédition à ne pas manquer, celle des Voyages extraordinaires du rhétoriqueur grec Lucien, qui le premier, au IIe siècle de notre ère, décrivit avec force détails un voyage sur la Lune. 

69, ANNÉE SCIENTIFIQUE


 

Le magazine «Life» avait demandé à Norman Mailer de rendre compte du décollage d'Apollo 11. Son texte est réédité en poche dans une version étoffée.

1969 est une année chargée pour Mailer. À 46 ans, il décroche deux prix majeurs - le Pulitzer et le National Book Award - pour Les Armées de la nuit. Dans la foulée, il mène une campagne superactive pour tenter de remporter l'élection à la mairie de New York ; campagne qui se soldera par un fiasco retentissant. Enfin, il est, en juillet, le reporter chargé par Life de couvrir à Houston et Cap Kennedy la mission Apollo 11. Avec son diplôme d'ingénieur aéronautique de Harvard, Mailer est l'homme de la situation. Mais l'époque est au nouveau journalisme. Comme Joan Didion et Hunter S. Thompson, il n'écrit pas que ce qu'il voit mais ce qu'il sent, ressent, vit, imagine, extrapole. L'écriture est libre, libérée, un peu folle, passionnante. Bivouac sur la Lune commence avec une évocation du suicide d'Hemingway, dieu de Mailer. Puis l'écrivain évoque les soubresauts qui ont agité l'Amérique depuis 1961.

Et, avant de s'intéresser à fond à son sujet, à Armstrong, Aldrin et Collins, les héros de cette aventure cosmique, Mailer se donne un nom de plume, Verseau (il est né un 31 janvier). Il l'utilisera tout au long de ce texte touffu, bavard, éclaté en mille centres d'intérêt. De son reportage en trois volets il a tiré un ovni littéraire dans lequel il aborde, pêle-mêle, le matériel utilisé, le concepteur allemand de la fusée Saturne V, la Lune («qui s'appelait Mond en allemand, même si ce mot-là voulait dire »monde» en français, sur cette Lune qu'on appelait maan et maande en hollandais et en danois»), les enjeux et les risques de cette enivrante aventure, les épouses des astronautes, ses propres mariages, les Kennedy, Nixon, l'art, Cézanne. Pour les fanatiques de la Lune et de Mailer, il existe une édition de luxe, Norman Mailer, Moonfire, vendue dans un magnifique coffret contenant des photos de la Nasa (Taschen, 750 € ).

«Bivouac sur la Lune», de Norman Mailer, traduit de l'anglais (États-Unis) par J. Rosenthal, Robert Laffont, « Pavillons poche », 630 p., 10,90 €.

 

SUR LA TERRE COMME AU CIEL


 

Quatre livres pour les enfants qui veulent tout savoir sur les premiers pas de l'homme dans l'espace.

Romanesque. Avant d'être une affaire de technique, la conquête spatiale est une aventure humaine. Jim Lovell, héros des missions Apollo, valait bien un roman. Ceux qui rêvaient de la Lune suit le parcours de ce pionnier qui réussit à ramener la fameuse Apollo 13. Un chapitre documentaire fait le lien avec l'histoire vécue. (Dès 11 ans, Flammarion.)

Loufoque. La gravité n'est pas la tasse de thé du Britannique Frank Cottrell Boyce en qui certains voient l'héritier de Roald Dahl. Ce qui ne l'empêche pas d'aborder la planète ado à travers des livres qui cachent une grande justesse sous une bonne dose d'humour. Un ticket pour la Lune conte l'aventure de Liam Digby, jeune garçon dont l'apparence adulte lui permet de participer à un concours qui lui permettra de découvrir une attraction foraine révolutionnaire : une fusée. (Dès 13 ans, Gallimard jeunesse.)

Documentaire. Voilà un ouvrage qui fait le tour de la question d'une manière impeccable. L'album Mission Lune est bourré d'illustrations et doté d'un DVD qui permet de revoir les premiers pas de l'homme sur l'astre mythique. À découvrir en famille. (Dès 10 ans, Flammarion.)

Ludique. Le Grand Livre animé de la Terre et du ciel est fait pour les plus petits qui sont un peu dans la lune... Les enfants peuvent tirer, soulever, faire tourner tirettes et molettes pour découvrir le fonctionnement de notre Système solaire. On apprend tout sur les cratères de la Lune que l'on peut effleurer du doigt, sur le phénomène des marées qu'il faudra expliquer cet été devant le château de sable avalé par les vagues.

(Dès 5 ans, Milan jeunesse.)

 

L'OEIL DES REVENANTS

La Lune est le leitmotiv des contes fantastiques du japonais Ueda Akinari.

Embrumée, pleine et ronde, brillante, témoin nocturne, pointant entre les cimes... La Lune est omniprésente dans ces contes fantastiques japonais écrits à la fin du XVIIIe siècle. Chacun des neuf récits met en scène un homme à la rencontre d'un revenant, thème récurrent dans les genres théâtraux traditionnels du nô et du kabuki. Les tonalités sont tour à tour humoristiques, macabres, oniriques.

Dans Le Chaudron de Kibitsu, une épouse jalouse revient sur terre pour tourmenter sa rivale et finit par emporter son mari dans le monde des ténèbres. Carpes telles qu'en songe narre l'histoire de Kôgi, un peintre et moine bouddhiste du Xe siècle qui se transforme en poisson pour échapper aux filets d'un pêcheur. Ueda Akinari connut une vie tumultueuse. Fils d'une courtisane du « monde flottant », expression désignant le quartier des plaisirs, il n'a écrit qu'une poignée de récits, toujours aussi populaires au Japon. Son nom est depuis 1953 associé au film de Kenji Mizoguchi : Contes de la Lune vague après la pluie.

Adaptation que l'on retrouvera dans le DVD qui accompagne cette réédition bien venue.

«Contes de pluie et de Lune», d'Ueda Akinari, Gallimard, «L'Imaginaire», 228 p., 12,50 €.

permalien : http://www.litteraturevisio.com/main_litteraturevisio/page.php?idd=101139&desc=actualites#2066
« Les vrais écrivains d'aujourd'hui se comptent sur les doigts d'une main »
Publié le 18-07-2009 par chroniques
 
Notre photo : Jean-Marc Roberts (à gauche) et Richard Millet (à droite).
Notre photo : Jean-Marc Roberts (à gauche) et Richard Millet (à droite). Crédits photo : Paul Delort/Le Figaro

LE FIGARO LITTÉRAIRE. - Après la vogue du structuralisme et du nouveau roman, l'autofiction est-elle en train d'achever la littérature française ? Certains demandent un retour à une littérature « engagée » dans la société... 

Richard MILLET. - Aucun mouvement n'est responsable de l'appauvrissement de la littérature. Il y a des chefs-d'oeuvre dans la littérature nihiliste, formaliste et même nombriliste. L'autofiction n'est pas ma tasse de thé, mais la volonté de Christine Angot de tout dire d'un événement insignifiant est fascinante... D'ailleurs La Recherche du temps perdu de Proust et Voyage au bout de la nuit de Céline sont, à leur manière, de gigantesques autofictions. Ce qui fait un écrivain, c'est l'invention d'une langue, d'un rythme singulier. C'est sa puissance. Sa sensibilité politique, ni le genre littéraire à travers lequel il s'exprime ne font rien à l'affaire. À mon sens Barbey d'Aurevilly, Villiers de l'Isle-Adam sont bien supérieurs à Zola ou au Hugo engagé. 

Jean-Marc ROBERTS. - Cela fait trente- quatre ans que je suis dans le métier et que l'on m'annonce que le roman français est mort. C'est l'un de ces « marronniers » dont sont friands les journalistes. Coupable, l'autofiction. Le mot ne veut pas dire grand-chose. Il est vrai qu'il est plus facile d'écrire un roman « intimiste » que d'inventer la vie des autres. Mais le talent et le génie n'ont ni genre ni sexe. La littérature existe ou n'existe pas, c'est affaire de son, de langue, au fond de musique. Chez Stock, où nous avons édité des auteurs aussi différents que Philippe Claudel, Nina Bouraoui ou Christine Angot, l'autofiction n'est pas un principe. Quant à la thèse de François Bégaudeau, qui exhorte les écrivains à s'engager, elle sent son lycéen attardé. Un lycéen qui s'exprime mal, dit tout et son contraire. Les mauvais livres sont ceux qui justement ont une intention. Un bon roman n'apporte aucune réponse, il ne fait qu'ajouter de nouvelles questions. 

R. M. - Les journalistes ont une grande responsabilité dans cette confusion des genres. Où sont les « descentes » argumentées, comme l'on disait autrefois ? Que sont devenus les critiques ? Citez-moi un article qui dise que le dernier livre de Justine Lévy ou d'Anna Gavalda est nul ! Qui oserait écrire qu'un roman de Le Clézio ou de Kundera est faible ? 

J.-M. R. - Exception faite du livre de Justine Lévy, Rien de grave, (Publié par Stock, NDLR) qui était à mon avis un bon roman - s'il était signé d'un auteur anglo-saxon, on le trouverait formidable - je suis d'accord sur le diagnostic : les critiques ne font plus leur travail, ils encensent trop vite ; du coup, on ne voit plus rien émerger, sauf quand apparaît un phénomène comme Houellebecq ou Jonathan Littell. 

Richard Millet, l'an dernier, vous critiquiez la pléthore de mauvais romans de la rentrée littéraire. Plusieurs centaines de romans sont parus en janvier. Vous considerez que c'est excessif ? 

R. M. - Ce que j'ai dénoncé, ce n'est pas le nombre de livres, mais l'absence de hiérarchie entre les livres. L'écrivain est celui qui a un monde, pas celui qui fait un « coup » pour avoir sa photo sur un livre. La fonction du roman n'est pas d'être un outil de promotion sociale. Toutefois, je concède que ce phénomène a toujours existé. Au XIXe siècle, on écrivait des vers, maintenant on signe un roman. Mais il ne faut pas se leurrer, en fin de compte les vrais écrivains se comptent sur les doigts d'une main. 

J.-M. R. - Je préfère qu'il y ait à la rentrée 600 romans plutôt que 35. Cela dit, une réflexion sur la situation actuelle s'impose. Ainsi, il y a beaucoup trop d'éditeurs, trop de nouvelles maisons sans exigence. Éditeur est un métier à la mode ! Depuis le Goncourt miracle du kiosquier Jean Rouaud, des gens qui n'y connaissent rien publient des romans dans l'espoir de décrocher le gros lot. Et je ne parle pas du système des prix dans lequel les jurés priment ce que le public a déjà choisi... 

R. M. - La littérature romanesque contemporaine est en état de crise, comme le fut peut-être la poésie au XVIIIe siècle. Je ne vois pas émerger actuellement d'oeuvre majeure. Mais trois grands romanciers par époque suffisent. Cela dit, ni Roberts ni moi ne publierions ce que nous publions si nous n'y croyions pas. 

J.-M. R. - Chez Stock, nous éditons des jeunes gens, sans imaginer ce qu'ils deviendront. Est-ce que l'on pourra plus tard évoquer «l'oeuvre» d'un auteur, bien malin qui peut savoir. Parmi les grands, on cite toujours Modiano en exemple. Mais est-ce que ses romans vieilliront si bien que ça ? 

Comment s'empêcher de comparer les écrivains actuels aux grands anciens ? Où sont passés les Aragon, les Montherlant, les Giono qui tenaient le haut du pavé, il y a un demi-siècle ? Y a-t-il déclin ? 

R. M. -
Dans son livre, Tzvetan Todorov dit que la littérature française est « solipsiste », nulle, désespérante. Ce sont des généralités : il ne cite aucun auteur dans le champ contemporain ! D'ailleurs, on se focalise trop sur la littérature française, comme si les choses allaient mieux ailleurs. On survalorise la littérature anglo-saxonne : qui sont leurs grands écrivains ? Qu'on nous les cite. Qui dira que Philip Roth écrit mal ? Il y a une norme internationale du roman dont le pilier est Umberto Eco : or Eco est un grand esprit, pas un grand romancier. 

J.-M. R. - Je tiens Michel Houellebecq pour un écrivain important. L'oeuvre d'Annie Ernaux est celle à laquelle je suis le plus attaché. François Taillandier fait un travail considérable, mais aussi Agota Kristof ou Vassilis Alexakis. 

R. M. - Il y a aussi Pascal Quignard, Pierre Bergougnioux, Pierre Michon, Régis Jauffret, Marie N'Diaye, d'autres... 

J.-M. R. - Je suis optimiste pour le roman, mais pessimiste sur notre époque qui est antilittéraire. Le pire, ce sont les blogs : non seulement les gens ne lisent plus mais ils ne vivent plus. Interdisons les blogs ! 

R. M. - Nous vivons dans un monde où l'on n'enseigne plus la littérature et son histoire ; où les valeurs qui dominent sont marchandes, consuméristes, radicalement anticulturelles. Je sais ce dont je parle, j'ai moi même été enseignant. Savez-vous que dans les banlieues, le mot « intello » est devenu une insulte. La littérature est menacée par le divertissement, par la disparition de l'ennui. La littérature, au sens ambiteux du terme, intéresse trois mille personnes en France... D'une certaine manière, la solitude de l'artiste est un invariant ; il y a toujours eu quelque chose d'héroïque dans le fait de s'obstiner à écrire. Rappelons-nous la prédiction d'Henry James qui le premier affirmera que la massification de la culture signerait l'arrêt de mort du grand écrivain. 

J.-M. R. - Je suis d'accord. Les « gros lecteurs », ceux qu'on qualifiait autrefois de boulimiques, sont en voie de disparition, surtout chez les moins de 40 ans. Pourtant je ne crois pas qu'il faille céder au « déprimisme ». Des livres existent. 

 
permalien : http://www.litteraturevisio.com/main_litteraturevisio/page.php?idd=101139&desc=actualites#2065
Serge Joncour au Scribe à Montauban
Publié le 03-07-2009 par mama
 

Serge Joncour présente Combien de fois je t’aime

Serge Joncour est né le 28 novembre 1961, jour de grève générale ce qu’on lui a longtemps reproché. Très tôt il est allé à l’école, puis par la suite il en est sorti. Il a commencé des études de philosophie alors qu’il voulait faire nageur de combat, mais au bout de six mois il a tout laissé tomber, faute de temps. Il publie son premier roman, Vu, en 1998 au Dilettante.

Néanmoins il s’est lancé dans la vie active, sous différents aspects : maître nageur, livreur de journaux, cuisinier, rédacteur publicitaire. En fait il a toujours plus ou moins essayé de faire ce qui lui chante, tantôt cela lui aura été profitable, tantôt pas. La seule constante aura été les pages blanches, les seules à suivre les déménagements. Il a également voyagé sur de nombreuses îles avant de se consacrer définitivement à l’écriture.

Il est l’auteur de plusieurs ouvrages, entre autres : Kenavo (Flammarion) ; Situations délicates (Flammarion) ; U.V. (Le dilettante) prix France Télévisions 2003 ; Que la paix soit avec vous (Flammarion) et Combien de fois je t’aime (Flammarion) sélectionné pour le Prix de la Nouvelle du Scribe – Lauzerte 2009.

Il participe régulièrement à l’émission Les Papoux dans la tête (France Culture, le dimanche de 12 h 45 à 14 h).

Ses citations

«L'alcool nous fait ressembler à ce que l'on devient.»
[ Serge Joncour ] - L’Idole

 

«L’Histoire c’est ce grand album de famille où chacun cherche à se reconnaître.»
[ Serge Joncour ] - Que la paix soit avec vous

 

«Tout est plus facile à dire dans une cuisine, tout y est nuancé par cette intention du partage, un appétit fait de la sève même des choses.»
[ Serge Joncour ] - Extrait du recueil de nouvelles Bonnes vacances 

 

Avis de lecteur

Combien de fois je t'aime est un recueil de nouvelles sur l'amour et le désir, qui s'ils se conjuguent aujourd'hui avec Internet et des textos sur des mobiles, n'en demeurent pas moins éternels, entre frémissements, ironie et désillusions. Certains textes abordent aussi le couple, le divorce, la maladie, l'enfant qui n'a pas été. Ce qui m'a frappée dans ce recueil, c'est la justesse de ton, la lucidité de celui qui raconte, la profonde solitude malgré des carnets d'adresse archi-pleins. Il y a comme une magie dans l'écriture, un brin mélancolique, où non seulement l'on se dit que c'est exactement cela, mais en plus, c'est beau. Le bon mot à la bonne place, toujours avec humanité. C'est juste. Et c'est juste parfait.

 

La presse en parle

 

Voici un recueil de 17 nouvelles qui traite du romantisme moderne au temps d'Internet, des portables et des SMS. La technologie moderne change la nature du romantisme, nos actes d'amour et notre appréciation du sordide en amour et nous confronte à nos envies contradictoires. Du numéro d'un portable qui tient à distance l'amoureux, l'«iCHAT» amoureux qui se promène à travers toute la France, ou le «texto» fait avec le pouce un soir de Noël pour se rappeler à sa maîtresse, ou encore ces deux qui se rencontrent après des semaines de communication à distance, et qui se voient pour la première fois, qui trouvent que ce n'est pas comme cela qu'il l'avait pensée, mais que finalement après un peu de découverte réciproque, il se pourrait que, peut être ?.. Il y a aussi l'amoureux jamais certain de revoir celle qu'il aime. Qui garde la main sur son portable, l'oeil rivé sur l'écran à espérer un message, un appel qui le rassurera et lui donnera la certitude qu'il existe pour elle. Elle qui fait savourer le manque et le fait vivre pour ces petits riens que sont les quelques gestes qui éclairent sa vie. Elle réinvente sans cesse le désir en disparaissant.

Mais l'amour moderne avec nos appendices technologiques est comme l'amour ancien. C'est fait d'espoirs, de perspectives qui ne s'ouvrent pas, de ces petits riens qui pimentent l'amour et donnent du sens.
Dans ces nouvelles il y a une mélancolie désarmante qui trouve aussi des moments de drôlerie dans le traitement du rapport amoureux. Il fait passer l'amour très vite d'un état à l'autre. Le livre passe par des hauts et des bas, de l'enjoué au parfois sordide.
Il raconte les petits détails de nos rapports amoureux avec un coup d'oeil d'une rare humanité. C'est poignant de justesse.
À savourer.


 

  • Les présentations des éditeurs : 26/02/2008

Ces deux là s'écrivent par mail depuis des semaines, et ce soir enfin ils vont se voir. Ceux-là se croisent dans un train, d'un mot leur vie peut changer. Il y a cette femme qui n'embrasse pas, telle autre, insaisissable, qui tient son amant à distance en se cachant derrière un numéro de portable, et cette mère célibataire qui aime sans réveiller son fils. Ou encore cet homme, qui fait défiler comme autant de souvenirs les numéros de son répertoire.

Combien de fois aime-t-on dans une vie ? Dix-sept rencontres, dix-sept histoires pour dire, sur le fil de l'émotion, qu'on n'en finit jamais d'aimer.
Serge Joncour a 46 ans. Il est l'auteur de sept livres, parmi lesquels UV (prix France Télévisions 2003), L'idole (Flammarion, 2005), Que la paix soit avec vous (Flammarion, 2006).


  • La revue de presse - La Croix du 18 juin 2008

Les héros de ces nouvelles sont des hommes, ils parlent à la première personne, sans jamais dévoiler leur identité, comme pour mieux jouer d'un effet miroir sur le lecteur...
Serge Joncour excelle dans cette façon, en apparence si simple, de disséquer les sentiments les plus contradictoires. Il touche chez le lecteur quelque chose d'intime et d'universel, de ces faiblesses qu'on n'avoue pas, autant d'émotions rentrées, d'espoirs déçus, de lâchetés refoulées et de rêves escamotés. Avec une acuité désenchantée, le romancier pointe les paradoxes de notre époque où les êtres se retranchent derrière leurs écrans et finissent par se craindre.

 

  • La revue de presse Alexis Brocas - Le Magazine Littéraire, juin 2008

S'il est un art que Serge Joncour maîtrise, c'est bien celui de se renouveler sans se trahir. Combien de fois je t'aime décline, dans la plupart de ses 17 nouvelles, un thème dont l'auteur s'était jusqu'alors tenu à l'écart : la relation amoureuse. Mais pour l'évoquer, Joncour garde cette écriture délicate, ce regard à la fois fraternel et lucide jeté sur ses personnages, et ce sens de l'humour assorti qui ne se moque de personne.
 

  • La revue de presse Jean-Louis Ezine - Le Nouvel Observateur du 29 mai 2008

Dans «Combien de fois je t'aime», l'écrivain raconte dix-sept histoires : autant de parties de cache-cache...
Pour notre bonheur, l'imaginaire de Serge Joncour n'est cependant en rien altéré par les fourberies, les illusions et les servitudes de l'adultère nouveau. «Combien de fois je t'aime» offrira même quelques splendides consolations aux nostalgiques de Flaubert et aux infidèles contrariés. Au fond, le romanesque s'augmente de tout ce qui le diminue, ce qui laisse toutes ses chances à la littérature et tous ses espoirs à celui qui, tel ce personnage joncourien faisant défiler son répertoire de «contacts», trouve encore la ressource de soupirer : «Ce soir, ce n'est pas que je sois plus célibataire que d'habitude, c'est juste que ça m'apparaît».

 

  • La revue de presse Bernard Morlino - Le Figaro du 17 avril 2008

Dans ces dix-sept nouvelles, Serge Joncour met l'accent sur l'incommunicabilité dans un monde de la communication. Jamais procureur ni prosélyte, Serge Joncour évoque des histoires d'amour et de hasard avec beaucoup de tendresse. Loin de monologuer, il partage les expériences qui lui ont apporté plus de doutes que de certitudes. En dix-sept nouvelles, le romancier ne fait pas rimer amour avec toujours...
La vie est d'apparence si pratique qu'elle dispense qu'on perde son temps à se voir. Serge Joncour joue de la mélancolie sans fausse note. Ses personnages rêvent toujours à l'inaccessible et pensent que le vrai bonheur serait de vivre avec ceux qu'ils ne croisent qu'une fois dans la foule. Douce illusion...

Les courts extraits de livres :

  • Elle avait toujours un bon quart d'heure d'avance, non pas vraiment par impatience, ni par trop vive envie de me voir, mais pour une simple question d'horaire. Sa coupure commençait vers seize heures ou dans ces eaux-là, pour elle ça n'avait pas de sens de repasser d'abord par la maison, et d'en ressortir dix minutes après pour venir me prendre. Alors elle se plantait là, dans cette rue sans boutique, elle m'attendait parfois salement, je pense aux jours de pluie, ou à tous ceux où il faisait froid. Je ne m'en rends compte que maintenant, pourtant j'aurais dû songer au dévouement que ça représente, surtout l'hiver, ce long quart d'heure qu'elle passait seule sur ce bout de trottoir, sans le moindre abri. À ce que j'en sais elle ne bougeait pas, elle s'adossait à l'arbre mince qu'il y avait là, juste en face de la sortie, elle fumait une cigarette ou deux, en pensant à quoi, à moi sans doute, à ce que serait sa vie si je n'étais pas là. À cause de ce travail qu'elle reprendrait tout à l'heure, jusqu'à très tard le soir, elle était habillée très femme, une jupe noire lui arrivait juste au-dessus des genoux, elle portait des collants chair, des chaussures élégantes à talons, un chemisier blanc en général, un simple manteau par-dessus en hiver, de toute façon elle n'avait jamais froid, jamais d'écharpe, le cou nu toujours offert, sans même une perle bas de gamme. Elle restait là sans se mélanger aux autres, son caractère l'amenait à ça, à être un peu en marge, on la disait de son époque, moins pour l'atteindre que pour la résumer. Tout autour les temps changeaient, jupes courtes et voitures à angle droit, Renault 12 et Barbarella, mais d'élever seule son enfant, sans que ça ait valeur d'emblème, ça lui valait des commentaires, on trouvait ça pas trop normal, un peu bizarre, on se disait bien que ce devait être ça, l'amour moderne.
    Moi, pendant ce temps-là, deux étages plus haut dans l'immeuble d'en face je continuais à verser dans les contes et les réprimandes, pour moi en général ça se passait mal, il n'y avait plus qu'une chose qui comptait, ce rendez-vous avec la femme en bas qui m'attendait. De toutes c'est sûrement celle qui l'aura le plus fait. De moi elle attendait quoi au juste, tout ou pas grand-chose, sinon la perspective immédiate de ces deux minces heures qu'on passerait ensemble, de ce petit trajet qu'on ferait à pied, en renouvelant toujours les mêmes promesses, en se disant, je crois, toujours à peu près les mêmes choses, avec chaque fois le même arrêt à la boulangerie, pour acheter une pâtisserie devant laquelle je faisais semblant d'hésiter, alors qu'en fin de compte je prenais systématiquement la même chose, un éclair au chocolat dans lequel je mordais comme dans une joue, elle par contre ne voulait rien, elle ne mangeait pas, ou si peu, elle semblait même ne jamais manger, elle tenait par une force autre, elle, évidemment, c'était la plus forte, la plus belle, la plus grande, assurément c'était la plus grande. Chaque fois que sonnait l'heure et qu'on nous répandait le long des couloirs, qu'on dévalait comme des billes jusqu'en bas, je la retrouvais là, un peu en retrait, jamais très loin de l'arbre, quand elle n'y était pas adossée, les autres autour d'elle avaient toutes l'air de se connaître, de se parler, la mienne au milieu ne disait rien, simplement elle se distinguait, elle existait en étant de loin la plus seule, le regard perdu dans cette direction où elle me repêchait d'un sourire.

permalien : http://www.litteraturevisio.com/main_litteraturevisio/page.php?idd=101139&desc=actualites#1957
Jacques Weber seul en scène
Publié le 30-06-2009 par mama
 
  • Grande confidence attendrie et joyeuse

Jacques Weber a choisi, 8 ans après, de se retrouver à nouveau seul en scène.

Ce One man show est composé de textes classiques ou contemporains, célèbres ou inédits, alternant les rires les plus francs et généreux avec l’émotion la plus dense. Au gré de l’inspiration, Jacques Weber mêle improvisation, citations et textes interprétés comme une grande confidence attendrie et joyeuse faite au public.

En quelques années, les traces que laisse la vie ont donné au spectacle une rondeur proche de l’absolu. Weber exulte, il retrouve avec gourmandise, avec truculence, avec ce plaisir charnel et contagieux, cette enfance de l’art, cette nudité splendide, cette ivresse de pouvoir sans artifice, cette sensation sans doute incomparable d’être à la fois serviteur et maître du jeu, officiant et fidèle, monarque absolu et pourtant exposé plus que tout autre.

Juste soutenu par la lumière et parfois par la musique, il prend possession du plateau, l’arpente, de long en large, le dompte, ces mains voltigent, miment et son visage reflète tous les sentiments. Ne quittant pas son apparence gauche, il exerce une emprise totale sur l’auditoire.

Sa voix ou plutôt celles de Claudel, Molière, Devos, Corneille, Courteline, Shakespeare, Cendras s’élèvent à cœur ouvert avec une vérité et une intensité incroyables. Il jongle avec les mots, joue avec les vers, la scène vide se peuple de souvenirs empruntés, d’ombres volées et de fous rires cachés, car le monstre sacré cache un vrai talent comique.

On sourit aux souvenirs d’enfance, on rit des premiers élans amoureux de l’adolescent machiste, comme on rira encore de son humour sans concession ni faux semblants sur la vieillesse. Toujours en équilibre, toujours en danger, son spectacle est un enchantement unique, ou plutôt un sortilège.

« Je viens seul, la voix brute et à mains nues un cahier sous le bras, jouer à rire, à pleurer, à réfléchir avec des mots que je trouve beaux et qui ne me font plus peur. Seul en scène est composé comme un tour de chant, pourtant il s’agit bien de théâtre ; une histoire se raconte malgré moi, qui n’ai pour instrument que mes mains et ma voix. » Jacques Weber

  • La presse

« On sort de là heureux, conquis par ce grand escogriffe qui se balade dans le paysage poétique avec l’envie de plaisir bien sûr, mais surtout l’envie de vivre, de vibrer, de partager avec le public un sentiment d’exaltation nourri par de beaux textes. » Le Figaro

« Jacques Weber livre ses confidences littéraires avec un plaisir non dissimulé à un public complice. Debout, sous le halo de lune du projecteur, Jacques Weber donne une vie, une intensité et une dramaturgie à cette langue si parfaite qu’on en reste saisi. Son montage est réjouissant. Allez-y, vous passerez une délicieuse soirée. » Le Parisien

« Il entremêle avec bonheur réflexions sur le métier d’acteur, textes d’auteurs aussi différents que Flaubert, Courteline, Vian ou Devos, et oeuvres de son cru, tel l’exquis poème « Le ciel est à l’eau ». L’oeil complice, la mine gourmande, la présence généreuse, Weber se régale. Nous aussi. » Télérama

« Au final, un morceau de bravoure. C’est joyeux et magistral. » Figaroscope

« S’il est un des délices qui ne se refusent pas, Seul en scène en est un. » Pariscope

« Avec un charme, une érudition, une malice, une manière de se moquer, une émotion rare. » Le Canard enchaîné

permalien : http://www.litteraturevisio.com/main_litteraturevisio/page.php?idd=101139&desc=actualites#1918
Flash spécial : Concours de nouvelles "Voyage aux frontières du réel"
Publié le 23-06-2009 par Marjorie
 

La maison d’édition du Pays Basque, PGCOM Editions, organise un concours de nouvelles* sur le thème :

« Voyages aux frontières du réel »

L’histoire devra présenter une situation étrange, voir surnaturelle.

Ce concours est ouvert à toutes les personnes majeurs La nouvelle devra comporter 5 pages au minimum et 20 pages au maximum numérotées, elle ne devra avoir fait l’objet d’aucune publication commerciale ou non-commerciale.

La date limite d’envoi est fixée au 15 septembre 2009 à minuit

A partir du 16 septembre 2009 (clôture du concours le 15 septembre 2009), le jury, composé de professionnels du livre (auteurs, éditeurs, libraires…) et de lecteurs avertis, lira les textes et délibérera. Le jury sélectionnera dix nouvelles qui figureront dans un recueil collectif édité par PGCOM Editions. Les résultats seront proclamés le 30 octobre 2009 et seront consultables les jours suivants sur le site internet de PGCOM Editions. Les dix lauréats du concours recevront, dès sa parution, un exemplaire du recueil de nouvelles de ce concours. PGCOM Editions établira un contrat à compte d’éditeur pour ces auteurs

Retrouvez toutes les informations sur ce concours sur le site de l'éditeur

http://www.pgcomeditions.com/concours_de_nouvelles.html

source : lalibrairie.com

 

 

 

permalien : http://www.litteraturevisio.com/main_litteraturevisio/page.php?idd=101139&desc=actualites#1890
 
 



Avec Réseau LitteratureVisio vous limitez vos déplacements
Vous faites un geste pour l'environnement.
« Groupe NetworkVisio »
bottom